Dunhuang/Jiayuguan

Nous avons abandonné notre camion-caravane depuis presque deux jours. Pour prendre le train qui nous emmène vers Jiayuguan où débute la Grande Muraille. Comme toujours ce sont en ces moments que nous apprécions les qualités de ce qui nous manque. Nous prenons rapidement conscience que le camion-caravane est un authentique outil de proximité. En toute liberté nous pouvons décider de la route à emprunter et nous affranchir des circuits obligés et des sites saturés de touristes. Décider de nous arrêter ici ou là pour une prise de photo, une rencontre avec les populations qui viennent à nous spontanément, faire une halte sur l’endroit même grâce à notre autonomie d’hébergement. Pour l’instant nous traversons dunes de sable, déserts de pierres, oasis où paissent des troupeaux. Endroits hostiles, pourtant envahis par des engins de travaux publics. Ici, aussi, la Chine est en marche : les terres de la province du Xinjiang contiennent d’importantes ressources en minerais. Notre train est d’un autre temps. Ce train mis à la disposition des salariés de la Compagnie de chemins de fer transporte néanmoins d’autres clients. La poussière passe par tous les interstices…et il y en a. La contrôleuse- agent de sécurité-restauratrice-personnel de service- nettoie et renettoie. Donne de la tête et des bras dans tous les sens. Lorsque nous lui demandons « mais vous êtes seule pour faire tout cela ?»Elle répond « mais c’est normal, c’est un train de service qui transporte les salariés»…Quand nous lui répondons « mais c’est le contraire qui devrait se passer ». Elle nous regarde éberluée. Il ne lui reste plus qu’à accompagner le départ de ces oiseaux de passage…