Matisi/Xining

La nature redevient plus rude. Les pentes nues des montagnes sont couronnées de neige. La montagne Qilian n’est pas de tempérament généreux. Ici l’on voit le vrai visage de la pauvreté chez les rares habitants que nous avons rencontrés.
Il faut franchir des cols de plus de 3000 mètres, voire de plus de 4000 mètres, qui n’en finissent pas. Et pourtant les lacets sont resserrés. A peine si nous ne pouvons toucher le véhicule qui nous suit lorsque nous le surplombons. Première barrière franchie, nous accédons à d’immenses pâturages où l’herbe en germe retarde son départ. Il y en a suffisamment pour que les tibétains sortent leurs troupeaux de yacks ou de moutons. A l’aide de leurs redoutables chiens et à coups de motos, ils dirigent le début de la transhumance. Sortie de nulle part une cavalière fait la ronde autour de nous. Etale son savoir-faire, puis, après un élégant salut, reprend en mains son troupeau. Plus loin, nous rencontrons les pèlerins ou les fidèles se rendant à la prière. Une jeune fille révise la manière de se vêtir  à la manière des tibétains de l'Amdo. Non qu’elle soit habillée en habits de ville, mais elle nous dit que les tenues qu’elle porte ont été achetées à Lhassa. Arrivent enfin les 4000 mètres. L’air se raréfie, le froid nous transperce, la neige nous encercle. Des drapeaux de prières marquent le passage du col. Les mâts sont réalisés en plaques de bois décoré en forme de plume de flèche. Il ne nous reste plus qu’à plonger vers le lac Kokonor, le second lac d’altitude du monde, avec ses dunes blanches et ses pâturages prometteurs…pour l’été. Puis vient Xining la capitale du Qinghai.