Turfan/Dunhuang

Après la visite des « Mille bouddhas » près de Turfan, nous poursuivons notre quête de meilleure connaissance de l’art bouddhique des Vème au XIXème siècle. Les grottes des « Mille bouddhas » forcent l’émotion et le recueillement. Malgré les dégradations naturelles et surtout iconoclastes dont elles ont été victimes, elles offrent encore des salles où se mêlent art brillant et peintures murales en continu. Chaque génération y aura ajouté son propre génie en s’enrichissant de celui des autres. Que ce soit ici, et plus encore à Dunhuang, c’est de diversité dont il faut parler. Comment pourrait-il en être autrement ? Ces grottes ont été creusées et peintes pour permettre aux moines d’atteindre la perfection dans la méditation et aux pèlerins, après de longs trajets entre déserts et hautes montagnes, d’y laisser place à leur ferveur. S’y sont donc croisés hommes et femmes de toute condition sociale, d’analphabètes à lettrés, originaires de toutes civilisations. Laissons le soin aux amateurs de consulter les nombreux ouvrages qui y sont consacrés. Arrêtons-nous un instant sur notre guide Zhang Shi Jun. Le personnage est exceptionnel. Francophone, talentueux, il nous fait partager son savoir avec des mots précis, passant du sens et de l’histoire des 30 grottes visitées aux techniques qui ont prévalu à leur réalisation. Précisant que leur taille dépendait des moyens du mécène qui, étant le plus souvent illettré s’en remettait au moine-savant pour choisir les thèmes exécutés par l’artiste retenu, aidé de son école. Bref, de ces personnages et de ces lieux -sans oublier les immenses dunes entourant l’hôtel dont la blancheur vient se poser au plafond de la chambre- qui font porter le regard, pleine face d’enfance, au-delà de nos terres.