Xining/Tongren

Entre nuages vanillés, montagnes ocres ou rouges, collines peuplées de conifères et pâturages, le camion-caravane emprunte des routes aériennes, canyons, espaces arides pour découvrir des villages cachés au sommet des lignes de crêtes. Auparavant nous avons visité le monastère de Qutan. Sorti de nulle part, sauf sans doute d’une volonté politique de reconquête de la dynastie Ming, le monastère de Qutan est l’exemple même de la sinisation de l’art bouddhique. Construit en 1387 sur le modèle du palais d’été de Pékin, d’architecture très sobre, il abrite d’exceptionnelles peintures murales ayant échappé aux destructions de la révolution culturelle. Les motifs, d’excellente facture, sont en rupture avec ceux de l’art Gandhara si présent à Dunhuang. Ils représentent la vie de Sakyamuni de sa naissance à sa crémation dans un décor de paysages, kioskes, pavillons, scènes de vie quotidienne, costumes et visages caractéristiques du 14ème siècle. En revanche les temples contiennent des statuaires et des mandalas directement issus de l’école tibétaine. C’est toujours un crève-cœur de quitter cet endroit entretenu et protégé par des moines originaires des régions de l’Amdo et de la Mongolie intérieure. Mais la suite est une leçon de cohabitation multiethnique. Ici, des villages tibétains avec leurs stupas et drapeaux de prières, plus loin de belles maisons en briques et des musulmans calottes blanches déposées sur la tête, puis retour aux villages tibétains ou Han ou aux mosquées dont le minaret est construit dans la même veine que les pagodes chinoises… 

Qu’il fait bon respirer cet air là !